Poèmes sonores

« Tu veux que je fasse quoi? Oh non, je chante vraiment très mal… »

Quel·le musicien·ne n’a jamais entendu ou prononcé ces paroles? Au quotidien, la plupart des gens parlent. Toutefois, demandez-leur de chanter, et voilà qu’une panoplie d’insécurités se manifestent. En ce sens, j’ai plusieurs façons de mettre les gens à l’aise en contexte musical. Entre autres, je les invite à jouer avec la sonorité des mots.

Poème sonore de dix secondes

Instrumentation : voix
Âge et niveau d’habileté : tous les âges; aucune formation musicale n’est nécessaire
Nombre de participants : 6-35

Choisissez un sujet et faites un brainstorming pour trouver des mots qui s’y rattachent. Parmi mes groupes, on a déjà opté pour des noms de lieux, des thèmes liés aux saisons ou aux phénomènes naturels, et des expériences partagées. Dirigez la conversation afin qu’on y relève des onomatopées, soit des mots dont la sonorité rappelle le sens.

Par exemple, prenons l’eau :

Bloub, fschhh, bing, plouf, ploc, gloup, sploush, splotch, plic, plop, glouglou, splaf, pschitt…

La liste ne s’arrête pas là! Lancez un échange ludique avec vos participant·es où on explore une variété d’inflexions et de prononciations. On peut vocaliser le son sploush ou le chuchoter, l’étirer ou l’écourter, y incorporer des s sifflants ou un chhhh bien prolongé…

Ensuite, écrivez chaque mot sur un bout de papier et demandez à chaque participant·e de choisir un mot au hasard.

Ensuite, dirigez un Poème sonore de dix secondes : en tant que chef, indiquez le début d’une série de segments de 10 secondes. Chaque participant·e dit son mot à un moment donné pendant un de ces segments. Par exemple, je pourrais dire splouuuuuuuuuush au début – ou à la toute fin – d’un segment de dix secondes. Comme les participants vocalisent leur mot à leur façon et à intervalles variés, chaque segment de dix secondes est unique.

Le Poème sonore de dix secondes peut prendre plusieurs tournures. Le ou la chef peut modifier la durée des segments en les raccourcissant, en les allongeant, en accélérant ou en ralentissant leur cadence. Remplacez le ou la chef, ou désignez plusieurs chefs. Choisissez de nouveaux mots. Allez découvrir cet enregistrement d’une co-composition réalisée en classe selon ce procédé par mon groupe Sing! – notre création nous a bien surpris·es!

Water poem, composition collaboratif et performance par les participants de Sing!, printemps 2017

Que se passe-t-il si…

Vos élèves comprennent, de façon rudimentaire, comment les instruments produisent du son. Que se passe-t-il si on déconstruit un instrument jusqu’à ce qu’on obtienne sa composante la plus rudimentaire, soit celle qui produit du son? Que se passe-t-il si on ne joue qu’une partie de l’instrument? Que se passe-t-il si on le reconstruit à en y incorporant des objets trouvés? Que se passe-t-il si…

Vous voyez le genre. La conception et la modification des instruments, ainsi que l’exploration sonore, sont d’actualité.

Instrumentation : vents et cuivres
Âge et niveau d’habileté: tous les âges, tous les niveaux
Nombre de participants : groupe-classe complet ou groupes de 2-3

Déconstruisons la clarinette, puisque c’est l’instrument que je connais le mieux. Essentiellement, c’est l’embouchure qui sert à produire le son de l’instrument. Le corps de la clarinette sert de résonateur. Pour reconstruire une clarinette, on manipule le corps de l’instrument.

Matériaux utiles.

Les objets trouvés comme résonateurs : de quoi pourrait-on se servir comme résonateur, mis à part le corps de l’instrument? Pensez à des matériaux que vous avez déjà en main à la maison, tels que des tubes d’essuie-tout de différentes longueurs, un rouleau de papier d’aluminium, un ballon éclaté. Trouvez une façon d’étanchéifier le raccord entre l’embouchure et le résonateur. S’il y a de petites fuites d’air, enroulez de la pellicule plastique autour de la jonction entre l’embouchure et le résonateur pour en améliorer l’étanchéité. Comment et pourquoi différents matériaux produisent-ils des sonorités différentes?

Reconstruisez la clarinette : combien de façons différentes y a-t-il d’assembler une clarinette? Quels sons obtenez-vous si vous ne jouez qu’à travers l’embouchure et le barrillet, ou encore si vous ne jouez qu’à travers l’embouchure, le barrillet et le corps du haut? Que se passe-t-il si vous jouez de l’embouchure alors que celle-ci est insérée à même le pavillon? Que se passe-t-il si vous assemblez la clarinette normalement et vous utilisez des matériaux pour recouvrir le pavillon et les trous? Jouez un mi grave en recouvrant le pavillon d’un bol de métal, ou d’un bout de papier d’aluminium ou de papier de soie.

Mon Frankenstrument préféré!

Le Frankenstrument! Reconstruisez la clarinette en y incorporant d’autres instruments : que se passe-t-il si vous raccordez l’embouchure de la clarinette à des résonateurs empruntés à d’autres instruments tels qu’un trombone ou une flûte?

 Mise en garde : afin d’éviter qu’on endommage les instruments, je supervise la construction des Frankenstruments. Allez-y doucement! Ne forcez jamais la jonction de deux instruments. S’il est impossible de raccorder deux parties d’instruments :

  1. Demandez à un·e participant·e de tenir l’embouchure et de souffler dedans; demandez à un·e autre participant·e d’appuyer le corps de l’instrument contre l’embouchure.
  2. Bricolez-vous un tube servant à raccorder deux parties d’instruments.
  3. Servez-vous de parties d’instruments injouables ou irréparables.

Amusez-vous bien! Dans ce cas-ci, j’ai confiance que vos élèves vous réserveront des surprises.