Fair Jenny Alone: Créer de la musique ensemble chez nous

Il existe autant de façons de créer de la musique en ligne qu’en personne. Lorsque vous travaillez en ligne avec des chœurs et des groupes de musique,la qualité audio et la latence de la vidéoconférence peuvent amener les directeurs de musique et les enseignants à se fier au bouton de sourdine. Cela peut créer une expérience solitaire de création musicale, quelque chose de triste pour les personnes qui rejoignent ces chorales et ces groupes pour l’expérience musicale et sociale de chanter et jouer avec les autres.

Old Harry Beach, Magdalen Islands

Je trouve que la clé pour faire de la musique en ligne (et en personne, franchement) c’est de mettre l’accent sur l’écoute. Ensuite, au lieu de dire aux musiciens exactement quoi jouer ou chanter, comme nous avons tendance à faire dans la notation occidentale, j’essaie de créer un environnement dans lequel les participants ont des directives claires sur les façons d’interagir, ce qui leur donne la liberté d’expérimenter et de prendre des décisions musicales.

Concrêtement, Fair Jenny Alone est une œuvre que j’ai composée sur un air de Robbie Burns pour ensemble musical que l’on peut créer chez soi (chœur, groupe ou orchestre). L’œuvre consiste en une piste audio fixe servant de guide aux musiciens pour chanter et jouer, des instructions pour aider à improviser avec la musique et un guide d’introduction à l’enregistrement à la maison. Le principe est le même qu’un CD play-along – je fournis le cadre musical avec cette piste audio et ces instructions, et les musiciens font de la musique dans ce cadre. Dans le cas de Fair Jenny Alone, les instructions pour le choeur sont assez simples: imitez les sons que vous entendez sur la piste audio en utilisant des voyelles et des sons de respiration.

L’important pour aider au sentiment de communauté et de connexion entre les musiciens est la façon dont nous répétons et partageons la pièce. Les répétitions explorent des exercices d’écoute et de détection pour aider les musiciens à se sentir à l’aise avec le style de création musicale, et pour discuter du titre tiré des paroles de Robbie Burns et de ses différentes significations en fonction de nos circonstances individuelles. Ensuite, avec chacun en sourdine (coupable comme accusé!), nous chantons la pièce ensemble. Les choristes qui sont capables de s’enregistrer me soumettent leurs enregistrements. Je compile ensuite les pistes audio dans un seul fichier audio, et nous avons une soirée d’écoute, ce qui nous permet de nous entendre chanter chacun ensemble de chez nous.

La choriste Annie Randall du Concordia Chamber Choir a ceci à dire à propos de son expérience à chanter Fair Jenny Alone:

Ce semestre a évidemment été un défi pour continuer avec la chorale. Lors d’une année normale, nous aurions déjà donné un concert, et nous serions en train de travailler sur notre concert d’hiver. Il y a toujours eu un but. Ce semestre, cependant, est différent. Mais nous continuons à étudier la musique, et à répéter, souvent en nous ecoutant chanter sans les harmonies du reste de la chorale. Ce projet, ce projet unique, a permis à la chorale de concert de se sentir enfin à nouveau comme un groupe, pour la première fois depuis mars, quand nous nous sommes dit au revoir. Nous avons écouté la bande originale de Fair Jenny qui nous a été donnée, et nous avons trouvé nos propres harmonies et sons à créer, et Louise a réuni ces sons et harmonies en 15 minutes. En réécoutant, je peux entendre les voix des membres qui m’ont tant manqué. Ce seul projet a ramené l’étincelle qui m’a poussé à être le meilleur possible avec une chorale de concert. Habituellement, la musique que nous apprenons et interprétons est un cadeau pour notre public, et celle-ci n’est pas différente à cet égard, mais celle-ci était aussi un cadeau pour nous.

Merci pour vos paroles poignantes, Annie, ainsi qu’au directeur Joy Berg et au Concordia Chamber Choir pour avoir partagé vos voix et l’occasion de vous entendre chanter ensemble à la maison. À une époque où «seul» peut signifier beaucoup de choses différentes, Fair Jenny Alone nous rappelle que nous pouvons nous connecter avec des gens proches et loins.

Écoutez ici la Concordia Chamber Choir: Fair Jenny Alone

Pour plus d’information, me contactez à mlouisecampbell(at)gmail.com

Pour obtenir du financement afin d’amener des artistes comme moi et d’autres dans les écoles du Québec (psst, il existe une version pour l’école secondaire de cette pièce):

Culture à l’école      Culture pour tous

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Art, accessibilité et communauté

A C.A.R.E. client and his communication system.

À quoi ressemblera l’éducation artistique à votre école au cours de l’année scolaire 2020-2021 ? Que ce soit une école primaire, une école secondaire, une université ou un autre établissement, la réponse à cette question changera sans doute plusieurs fois dans les semaines et les mois à venir. Je n’ai pas de réponse à vous offrir, mais je sais que les changements nécessaires dans le contexte de la pandémie ont poussé mes collègues et moi à nous poser des questions, à écouter avec attention les réponses des autres et à réfléchir sur la façon dont nous créons de l’art.

Prenez le projet de balado du Centre C.A.R.E., partenaire de la Commission scolaire English-Montréal, un centre pour adultes ayant des déficiences physiques graves. Plusieurs clients du Centre C.A.R.E. sont non verbaux et utilisent des appareils de communication assistée. Créer des balados avec des personnes non verbales ? À distance et par vidéoconférence ? Le projet initial s’est beaucoup transformé au cours de son déroulement, et il est en train de donner des résultats incroyables.

Le projet de balado Stories of Care devait débuter sur place au Centre C.A.R.E. le 23 mars 2020. Comme nous le savons tous, les fermetures ont commencé le 13 mars 2020. Je venais de rentrer d’un voyage à travers le pays, au cours duquel j’avais pris l’avion, le train et les transports en commun. Certains clients de C.A.R.E. ont des besoins de santé complexes, donc il était clair que ce serait une très mauvaise idée de faire le projet en personne au Centre C.A.R.E. Je n’avais pas du tout envie de transmettre involontairement le coronavirus. Dix jours plus tard, j’ai parlé avec les partenaires du projet, Olivia Quesnel, la directrice générale du Centre C.A.R.E., Isak Goldschneider, d’Innovations en concert, et Tim Brady, de Bradyworks. Nous étions tous d’accord : la baladodiffusion serait le moyen idéal de réaliser le projet à distance.

Hum. D’accord. Maintenant, il faut vraiment faire de cette idée une réalité…

Daily programs at the C.A.R.E. Centre

Heureusement pour moi, l’émission de radio C.A.R.E. est l’un des programmes les plus appréciés par les clients du Centre C.A.R.E. Nous avons rapidement transformé l’émission en vidéoconférence Zoom. Le soignant Bruno est devenu un animateur fabuleux, démontrant la même vivacité qu’en personne au Centre C.A.R.E. Je suis devenue un DJ Zoom (et j’essaie toujours de perfectionner les compétences que cela demande !), donnant aux clients, aux soignants et aux proches des clients la possibilité de se parler et de se voir, tout en partageant de la musique à distance. Les séances Zoom sont devenues un lien avec nos clients et un moyen de faire avancer le projet de balado.

La personne qui a donné des ailes au projet, c’est Olivia Quesnel. Elle est capable de cultiver des liens avec les gens en utilisant sa créativité de façon incroyable. Dans le cadre de son travail régulier (en tant que directrice générale du Centre C.A.R.E.), Olivia le fait avec les clients de C.A.R.E. en se servant de plusieurs plates-formes de communication. Elle cherche la meilleure façon de communiquer avec chaque client en fonction de ses capacités et de sa situation familiale.

La nécessité de tisser des liens à distance repousse plus loin encore les limites de

C.A.R.E. staff, guided by Louise Campbell, discuss communication.

cette créativité. C’est toujours la même plate-forme de communication que celle dont je me sers quotidiennement, mais la méthode d’utilisation est parfois assez différente. Par exemple, alors que le Centre C.A.R.E. était fermé, Olivia a organisé des appels téléphoniques quotidiens avec un client non verbal. Elle posait des questions « oui ou non », auxquelles le client répondait en appuyant une fois sur le pavé tactile pour « non » (biiiiiiip) et deux fois pour « oui » (bip- biiiiiiiip !!). Des appels téléphoniques et Zoom enregistrés entre moi-même, Olivia, les soignants, les clients et leurs proches, ainsi que de courtes vidéos pédagogiques sur des activités à faire à la maison et des enregistrements des archives nous ont donné ce dont nous avions besoin pour une série de balados : du matériel audio !

J’ai appris énormément de choses à travers ce projet : la médiation culturelle en ligne, le montage vidéo, l’art du DJ par Zoom et plein de choses autour de la communication assistée, qui a été le sujet de plusieurs épisodes. Le plus important pour moi, et ce que je retiens le plus du projet, c’est le pouvoir du contact humain, ainsi que de notre capacité et de notre volonté de créer des liens avec les personnes qui nous tiennent à cœur.

Je suis très reconnaissante du soutien de l’équipe musicale dans ce projet, qui aurait été impossible sans la contribution d’Isak Goldschneider, de Tim Brady, de Nick Hyatt et d’Amy Horvey, et j’ai un immense respect pour la générosité et l’humanité manifestées par les clients, les soignants et les familles du Centre C.A.R.E. Si nous avons réussi à réaliser un projet comme celui-ci avec un préavis de dix jours, nous devrions être capables de continuer à faire de la musique et à nous impliquer dans la production artistique au cours de l’année. Il faut tout simplement continuer à se parler, à faire preuve de créativité et à s’entraider. Il y aura sans doute des défis en cours de route, mais nous pouvons les relever ensemble.

C’est dans cet esprit que je continuerai à utiliser ce blogue, La création musicale pour tout le monde, pour partager des idées et des activités de créativité musicale adaptées au paysage changeant de la musique et de l’éducation musicale. N’hésitez pas à parcourir les articles sur les jeux musicaux et les activités qui ont déjà été publiés (en bas, à gauche), à vous inscrire pour recevoir des articles de blogue mensuels et bimensuels ou à me contacter par courriel. Si j’ai des idées ou des contacts avec des personnes qui pourraient vous donner un coup de main, je serais heureuse de partager certaines de mes méthodes ou de vous mettre en contact avec mes connaissances.

Comme le dit Bruno à la fin des émissions de radio de C.A.R.E. :

Ne ratez pas le prochain épisode de Stories of Care ! Peace !

Et c’est alors le moment où les clients et leurs proches font des commentaires et bavardent un peu :

C’était tellement amusant ! J’ai adoré vos blagues ! Tu viens demain à la soirée dansante Zoom ? Hé, pouvons-nous faire un appel Zoom plus tard ? Au revoir tout le monde ! À la prochaine !

À écouter : Stories of Care

L’émission Stories of Care a été réalisée par le Centre C.A.R.E., Innovations en concert et Bradyworks, avec l’aide des programmes La culture à l’école et Une école accueille un artiste.

Pour plus d’informations et de financement :

La culture à l’école, Répertoire culture-éducation

Passeurs de rêves, Culture pour tous

C.A.R.E. clients and caregivers enjoy an outing at the Botanical Gardens, pre-covid.
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Musique à la maison

À un moment où on nous demande tous de rester à la maison, j’envoie de bonnes vibrations sous forme d’activités musicales pour vous et les gens avec lesquelles vous restez à la maison. La plupart de ces activités se réfèrent à des groupes, mais les activités fonctionnent également avec 2 à 5 personnes, à peu près le nombre de personnes dans un logement. Adaptez les activités en réduisant le nombre de parties et en mettant une personne sure chaque partie.

Les gens de tous âges n’aiment rien de plus que d’être créatif, donc si une activité prend une voie différente de celle que vous voyez ici, allez-y! Rester à la maison va nous rendre tous plus créatifs, à bien des égards 🙂

Jeux : Les billes et l’acoustique

Jeux d’écoute : À vos marques, prêts ? Écoutez!

Danse et musique : Freeze dance

Musique et film : Play it again, Sam

Poésie : Poèmes sonore

Guides pédagogiques écrits pour l’Orchestre symphonique de Montréal :

Pierre et le loup

Le Phantôme de l’Opéra

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Parlons du rythme

Dans le dernier article du blog À la hauteur de… , nous avons suivi un processus pour trouver du matériel musical en co-création dans le contexte d’une classe d’harmonie de l’école secondaire. Disons qu’au cours de ce processus, il est devenu clair que les participants aiment la musique qui a du beat. Il nous reste 40 minutes en classe et nous devons arriver à une co-création d’ici la fin de l’heure. Que faire…

Passons directement à un jeu de rythme basé sur différentes longueurs de boucles:
1. Par section instrumentale, demandez aux participants de compter à haute voix des boucles de différentes longueurs :
a. Les cuivres comptent 1-2-3-1-2-3 etc.
b. Les bois comptent 1-2-3-4-1-2-3-4 etc.
c. Le piano, la guitare et les percussions comptent 1-2-3-4-5-1-2-3-4-5 etc.
2. Superposez les boucles en pratiquant toutes les combinaisons. Écoutez le décalage des boucles et faites le calcul pour comprendre quand les premiers temps s’alignent.
3. Répétez #2, cette fois en demandant aux participants de taper les mains sur le premier temps, et de compter dans leurs têtes.
4. En utilisant les hauteurs décidés (voir À la hauteur de… ), demandez aux sections de composer et de pratiquer une boucle sur leur instrument qui a le même nombre de temps qu’ils venaient de pratiquer à haute voix.

Sample loops from Culture in Schools workshop, L’École secondaire Val-Mauricie, Shawinigan Qc

Petit astuce: les boucles initiales sortent fréquemment en noires. Pendant que les sections répètent, je donne des conseils pour trouver des variations rythmiques au besoin.

5. Superposez les boucles comme dans # 2.

Dans cette séquence de 20 à 30 minutes, le groupe a trouvé du matériel musical qui est cohérent au niveau du rythme et du processus rythmique en utilisant leur propre matériel musical d’hauteur. En demandant au groupe de travailler en sections, nous avons intégré un peu d’orchestration. Avec le temps qu’il nous reste dans le cours d’une heure, il y a plusieurs directions que cette co-création peut prendre. Ce sera pour la prochaine fois!

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À la hauteur de…

Curieusement, un grand défi dans la co-création avec les amateurs est de trouver une façon pour que les participants décident les hauteurs du matériel musical.

Voici le contexte : j’entre dans la salle d’harmonie d’une école secondaire pleine de 20 à 30 ados. Notre tâche est de co-créer, répéter et jouer une pièce dans le délai d’une heure. Je viens de rencontrer les participants. Je ne connais ni leur goûts musicaux ni leur niveau de théorie musicale, et encore moins leurs noms. On y va!

Premièrement, je m’assure que les gens savent qu’il n’y a pas de mauvaises notes dans un processus créatif, seulement des notes intéressantes (voir Notes de mes cours de tricot). Ensuite, je cherche un moyen pour que tout le monde puisse parler facilement des hauteurs. Quand je suis invité dans une école secondaire, nous nous réchauffons généralement avec une gamme de Sib majeur, la lingua franca de l’harmonie. Heureusement, cela se prête aux degrés de la gamme. Donc, je peux préciser « jouez le degré X », plutôt que « les flûtes jouent telle note, les trompettes et les clarinettes jouent telle note, les altos jouent telle note, euh, et vous avez des cors… »

Petite astuce: j’adore les degrés de la gamme. Non seulement ils facilitent la communication entre moi et l’ensemble, mais les degrés de la gamme permettent aux participants de parler directement entre eux, plutôt que de passer par moi, leur professeur ou un tableau de transposition.

Une fois que vous avez établit le mode de communication, voici un processus pour trouver les hauteurs:

1. Demandez à quatre participants à la fois de jouer n’importe quelle note sur votre signal.
2. Donnez plusieurs signaux, en demandant aux participants de changer leurs notes à chaque fois, ce qui donne une série d’accords à 4 notes.
3. Demandez aux participants de choisir l’accord qu’ils préfèrent.
4. Écrivez les notes au tableau en utilisant les degrés de la gamme ou en les transposant au besoin.
5. Sur votre signal, demandez à tout le monde de jouer une des quatre notes au tableau, résultant en une orchestration riche de cet accord.

Cette séquence dure environ 20 minutes, y compris le réchauffement. J’apprends beaucoup sur les préférences musicales et les niveaux des groupes pendant cette période, ce qui m’aide à orienter la suite. Les groupes montrent des préférences musicales extrêmement différentes, en choisissant des clusters atonaux, des accords de jazz à quatre notes, et des intervalles de quintes. Je suis les intérêts du group – c’est leur musique, après tout.

Voici quelques exemples du matériel musical choisi par différents groupes.

  • III-VII
  • I-III-VII
  • II-IV-VI-VIII
  • III-IV-VII
  • I-IV-#IV-V

Dans le prochain article de blog, nous continuerons ce processus avec le prochain défi: quoi faire avec un ensemble qui veut clairement faire de la musique avec un beat.

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Un bateau des Îles

Des vagues de sept mètres de haut? Le pied du vent? De la pêche au homard? Ces éléments imprègnent la vie des étudiants aux Îles-de-la-Madeleine. Quelle meilleure façon pour moi d’apprendre que de demander aux étudiants de raconter des histoires. Pour lancer le jeu, j’ai donné le classe de 2e cycle un début auquel je n’aurais pas pu résister quand j’étais jeune, avec un clin d’œil au temps sauvage des Îles …

‘C’était une nuit sombre et orageuse. Les rennes avaient peur et ne voulaient pas tirer le traîneau. Comment le Père Noël allait-il se déplacer?

J’ai transcrit furieusement l’histoire, essayant de suivre les étudiants. Nous avons travaillé et joué fort : il n’est pas toujours facile de parvenir à un consensus, comme tout le monde sait qui a fait partie d’une équipe. Nous avons créé quelque chose ensemble qui était plus et différent que n’importe lequel d’entre nous aurait pu le faire seul. L’excitation sur le visage des élèves pendant la création de la pièce et leur fierté de partager leur travail témoignait de ce que les arts font pour rassembler les gens.

Les îles de la madeleine

Pour entendre deux étudiants et moi-même parler de notre projet avec Julia Caron:

Creativity for Epic Storytelling, radio CBC

Pour entendre la pièce, avec narration et des effets sonores créés et enregistrés par les élèves:

A Boat Saves Christmas, radio CBC
Islands on the Air, , radio CFIM avec Jonathan Patton

Un grand merci à l’école Grosse-Île, CAMI and Artists Inspire pour avoir rendu ce projet possible.

Bonnes vacances à tous! Puissiez-vous tous trouver un bateau ce Noël.

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Des films pas vraiment muets, prise deux …

J’adore jouer de la musique avec l’image, le texte et le texte, soit dans ma propre pratique ou en facilitant la création musicale participative. Le dernier article de blog présentait certaines notions venant de l’ère du film muet. Cet article de blog présente quelques idées sur l’exploration de la vidéo et du son à l’aide d’une téléphone cellulaire.

Play it again, Sam

Activité de groupe, de l’adolescence à l’âge adulte.

Besoin technique : plusieurs téléphones cellulaires

Selon le contexte, vérifie à l’avance la vidéo et la musique des participants.

Un participant joue une vidéo avec le son désactivé. Une à la fois, les autres participants joue leur chanson préférée avec le vidéo.

Un participant joue leur chanson préférée. Une à la fois, les autres participants joue une vidéos sans le son.

Que fonctionne? Qu’est-ce qui ne va pas? Qu’est-ce-qui est amusant? Comment votre perception de la vidéo / musique change-t-elle avec les différents combinaisons?

Pour aller plus loin:

Joue avec les éléments suivants du timing et de l’affect (contenu émotionnel):

  1. en synchronisation (correspondance image / son, ou je vois, j’entends la même chose en même temps),
  2. désynchronisé (l’image et le son sont en contraste, ou je vois, j’entends différentes choses en même temps),
  3. décalage (je vois, entends des choses à des moments légèrement différents, par exemple, on entend une radio avant que l’image apparaisse).

Ces variations simples peuvent faire de grandes différences dans notre perception et sont aussi proches que les cellulaires de vos participants. Qu’est-ce que vous voulez dire? Comment voulez-vous le dire? Vos participants et leurs préférences vous le diront assez rapidement.

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Des films pas vraiment muets

Combien d’appareils numériques comptez-vous dans la pièce où vous vous trouvez ? Combien peuvent servir à fabriquer une vidéo ou du son ? Probablement un bon nombre d’entre eux ! À l’ère d’internet, la vidéo et le son occupent une place cruciale dans la manière dont les gens ont accès à l’information. C’est particulièrement vrai pour les jeunes. Comment pouvons-nous jouer avec cette fascination de la vidéo et du son en classe et l’utiliser? Cliquez ici pour lire le guide pédagogique que j’ai rédigé pour l’Orchestre symphonique de Montréal sur le cinéma muet pour quelques idées …

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Pour Leila

Pour commencer la saison, j’aimerais vous raconter une petite histoire sur Leila, mon amie de trois ans, qui nous permettra d’apprendre à la connaître et de voir comment elle fait de la musique. Je partagerai également quelques réflexions sur la manière d’animer la musique créative chez toutes sortes de gens.

Pour Leila

J’ai encore perdu mes mitaines. Je les perds toujours. Sauf que cette fois-ci, il fait -33°. Je suis en train de regarder Leila jouer dans la neige dans la cour de la garderie, les mains gelées par le froid. Impossible que je sois venue sans mes mitaines, je m’en serais rendu compte. Ils doivent être à l’intérieur.

« Leila, j’ai perdu mes mitaines. Peux-tu m’aider à les retrouver? »

Leila me regarde sans comprendre et se remet à creuser dans la neige. Moi non plus, je ne comprends pas. Mes mitaines sont énormes – ce sont de grosses mitaines noires qui remontent jusqu’aux coudes. Elles gardent mes mains bien au chaud quand il fait un froid glacial et sont très difficiles à perdre.

« J’ai perdu mes mitaines, Leila. Où sont-elles passées? »

Elle me regarde, toujours sans comprendre, mais j’ai maintenant son attention. Leila se préoccupe beaucoup de ce qui appartient à qui. Depuis qu’elle marche à quatre pattes, elle essaie toujours de m’amener mes affaires. Une fois, c’était mes chaussures, alors que je discutais avec sa mère dans le salon. Une autre fois, j’étais au beau milieu d’une grosse soirée, et elle m’a apporté mon manteau. Un jour, elle m’a même amené mon sac à dos, qui pèse presque autant qu’elle, en le traînant avec détermination.

Je lui demande son aide, et je suis sérieuse. Je ne veux pas traverser la ville dans ce froid sans mes mitaines. Je les ai cherchées partout dans la garderie. Même les employés de la garderie les ont cherchées, mais personne ne les a trouvées.

« Mes mitaines, Leila, où sont-elles passées? » Elle me regarde et fait le geste que font tous les enfants de trois ans pour dire « je ne sais pas », puis se met à chercher de tous côtés, sans succès. Nous décidons ensuite de retourner à la garderie pour chercher à l’intérieur. Dans le froid hivernal, la neige craque sous nos bottes. Quand j’ouvre la porte de la garderie, c’est un courant d’air chaud qui nous accueille. Mes lunettes s’embuent et je ne vois plus rien.

« Où est-ce que mes mitaines pourraient bien être, Leila? J’ai regardé partout », je lui dis en essuyant mes lunettes. Une fois que je les remets, je vois Leila qui tient mes mitaines, un grand sourire au visage.

« Leila, tu les as trouvées! Où étaient-elles? »

« Elles étaient juste là, Louise! Juste là. » Elle les garde pendant que nous sortons de la garderie, que je la mets dans sa poussette, que je me bats avec la fichue ceinture de la poussette, que je lui donne son goûter. Elle me regarde une fois que nous sommes prêtes à partir : « À ton tour, Louise. Mets tes mitaines. Youpi! »

Tout ça de mon ami de 3 ans qui vient juste d’apprendre à prononcer mon nom au complet (« Lou-ise ») il y a deux semaines. Elle s’occupe de moi. Elle prend soin de moi du mieux qu’elle peut, en m’apportant mes mitaines, en gardant mes mains au chaud, en m’encourageant.

Cette histoire montre pourquoi il faut porter une attention particulière aux gens avec qui nous interagissons pour reconnaître leurs forces et leurs champs d’intérêt. Dans le cas de Leila, non seulement elle fait bien des choses mieux que moi (et pas seulement surveiller mes mitaines), elle est l’une des meilleures improvisatrices que je connaisse. Depuis sa naissance, elle explore le potentiel sonore de tous les objets qu’elle trouve, que ce soit en grattant les surfaces ou les tissus avec ses ongles ou en faisant du « mixage » en temps réel avec des jouets sonores. Posez une guitare électrique sur le sol pour qu’elle puisse la jouer, et elle créera des sons qu’un professionnel ne saurait reproduire. Je pourrais facilement me dire que Leila « ne sait rien » parce qu’elle a trois ans, mais ce serait passer à côté de toutes les choses qu’elle fait déjà très habilement.

Lorsque j’entre dans une pièce remplie de gens prêts à faire de la musique, je fais de mon mieux pour ne pas oublier que les gens sont toujours plus profonds qu’on ne l’imagine, et qu’il faut avant tout éviter de les sous-estimer. Je me pose une série de questions : Qui sont ces gens? Quelles connaissances ont-ils, qu’est-ce qu’ils aiment? Quelles sont les compétences qu’ils ont perfectionnées et dont ils sont fiers? De quelle façon comprennent-ils le sujet qui nous occupe et les sujets reliés? Les comprennent-ils de la même manière que moi ou pas? Que puis-je apprendre d’eux? Quelle est la meilleure manière de faire de la musique ensemble?

Bonne saison à tous!

 

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Imaginez …

Imaginez ma surprise quand j’ai débarqué sur une île qui ne semblait pas avoir de rivage. En effet, quand je suis arrivée aux Îles de la Madelaine pour une résidence d’artiste à l’école Grosse-Île, ce n’était que neige et glace à perte de vue. Lorsque je suis partie un mois plus tard, les vagues se brisaient sur la plage et les gens de Grosse-Île se préparaient avec enthousiasme pour la saison de pêche. Dans le cadre du volet Une école accueille un artiste du programme La culture à l’école et avec le soutien de l’initiative ACE de l’organisme ELAN, les étudiants, les membres de la communauté et moi avons exploré de la musique inspirée par les lieux. C’était vraiment l’endroit parfait pour faire cela ! Pour en apprendre davantage sur cette expérience ou écouter la musique que nous avons créée :

Écouter : le feuilleton radiophonique « November Storm » créé par les étudiants

Lire : Grosse-Île accueille une artiste, article dans le journal Le Radar:

Grosse Ile acceuille une artiste

Écouter : une étudiante parle de son expérience :

CBC Breakaway (en anglais)

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